Les parents à l’école démocratique

Être parent aujourd’hui, qu’est-ce-que cela représente ?

Je ne vous apprend rien lorsque je dis que juridiquement, le parent est le responsable de l’enfant. Ça n’est pas ce volet que je vais interroger mais plutôt ce que notre société attend des parents: à quelles normes un parent doit-il répondre? Cela se traduit par des codes de conduites ou des habitudes culturelles.

Dans notre société occidentale, l’image est importante. Il existe une réalité sociale à l’égard des parents qui les orientent pour être de « bons parents ».

Etant donné qu’on n’a pas forcément eu la même éducation mais que je suis née en Occident, voici quelques exemples de mes représentations sur ce que je pensais être un bon ou un mauvais parent (cette liste n’est pas forcément exhaustive):

Le « bon parent »

Autoritaire mais juste, il sait se faire obéir sans hausser la voix, il ne cède pas aux « caprices », il donne de l’amour et prodigue des soins, dialogue avec l’enfant…

Par la fameuse force des choses, ses enfants sont de « bons enfants », ils sont calmes, dociles et polis. Ils sont propres, bien coiffés, se couchent à heures régulières et finissent leur assiette et bien sûr ils mangent des légumes, ont des bons résultats scolaires et une bonne relation avec la maîtresse, bien sûr, ils ne disent jamais de gros-mots et sont voués à une carrière professionnelle en lien avec leur choix d’étude

 

Le « mauvais parent »

Il/elle crie et frappe ses enfants, les laisse en permanence devant des écrans et les nourri à base de plats préparés, les échanges et conversations sont rares, voire absents.

Ses enfants sont sales (ils ne se lavent pas les mains avant d’aller manger, pour vous dire), ont un langage châtié, ils ne travaillent pas bien à l’école, sont insolents avec l’adulte, volent et embêtent leur camarade, ont des comportements typiques de futurs délinquants…

 

Ainsi, les parents sont jugés selon les comportements de leurs enfants.

Ce qui peut expliquer en partie ce besoin de contrôler les enfants autrement dit « de les faire aller dans le droit chemin, pour qu’ils deviennent des adultes responsables » Le vocabulaire s’adapte aux intérêts des adultes et nie les droits de l’enfant « une fessée n’a jamais tué personne » ou « prendre des coups a fait de moi un.e homme/femme respectable », « si tu veux aller aux toilettes, tu y vas pendant la récréation ou tu demandes la permission » , “sois raisonnable” ou “tu es immature”.

Notre éducation, nos codes, nos coutumes et nos habitudes favorisent le fait que l’adulte décide pour l’enfant, sans pour autant interroger l’enfant dans ses désirs, ses envies et pire: ses besoins.

Inscrire son enfant en école démocratique nécessite d’être prêt à faire confiance en son enfant et en sa capacité à se diriger vers les apprentissages. Compte-tenu de ce qu’est “être un bon parent” le lâcher-prise est essentiel pour oser avoir confiance envers l’enfant et lui permettre de devenir un citoyen responsable de ces actes. La citoyenneté, la liberté et la responsabilité s’apprennent au quotidien de l’école démocratique.

 

A quoi peut s’attendre un parent dont l’enfant va dans une école démocratique?

(liste non-exhaustive, votre expérience pourra nous aider à mettre à jour cette liste) :

  • Recevoir des jugements de son entourage,     sans se sentir être un « mauvais parent »
  • L’importance de ralentir : « l’enfant a besoin de cadre » bien sûr, un enfant ou adolescent pour qui on a décidé depuis toujours, sans lui demander son avis aura besoin de temps pour s’approprier sa liberté, ressentir qu’il est le seul décideur de sa vie. Cela peut prendre entre 2 jours et 3 mois, selon le degré de « scolarisation de l’enfant », pour retrouver qui il est et ce qui l’anime, l’enfant aura besoin de se réparer. Et une école démocratique a un cadre! Celui de la démocratie.
  • L’enfant ne raconte pas forcément sa journée (tout dépend de son tempérament), en étant dans le présent en permanence, ressasser sa journée peut paraître compliqué. Ou tout simplement l’enfant n’éprouve ni l’envie ni le besoin de vous raconter sa journée. Par contre il pourra vous parler d’autres choses qui l’anime et qu’il aura envie de partager.
  • Votre enfant ne fera pas des exercices ou des leçons de maths, de français ou d’histoire, sauf s’il en a besoin. Il apprendra ce dont il a besoin pour bien vivre dans la société qui l’entoure: se connaître soi-même et s’adapter à son environnement.
  • S’interroger sur ce qu’est l’éducation et quels sont ses fondements.

 

La présence des parents à l’école

Notre expérience nous a montré que la présence des parents à l’école, ne dérange pas les enfants, que ce soit de manière bénévole, ou même pour boire un thé et discuter.

 

Être parent et bénévole au sein de l’école

Proposer et animer des ateliers

Les parents qui souhaitent proposer des activités qui intéressent les enfants doivent prendre connaissance des documents traitant de la place de l’adulte au sein de l’école et s’engagent à respecter notre charte pour contribuer au mieux à l’épanouissement de chacun.

 

Participer à l’organisation de l’école

Les parents peuvent participer en proposant leurs compétences sur des postes indispensables au bon fonctionnement de l’école, comme les finances de l’école (mécénat d’entreprise, de particuliers), la communication (participer aux portes ouvertes, écrire des articles autour de l’éducation démocratique …)

 

A propos de l’article

L’idée de cet article est née de mon expérience de parent et de toutes les questions insolubles que j’ai pu me poser quand au fait d’être un “bon” ou “mauvais” parent. Etant une famille monoparentale, la question du genre n’apparaissait pas comme indispensable et m’a permis de poser ma réflexion sur la notion de parentatlité, non pas du père ou de la mère.

Lors de ma formation de travailleuse sociale, nous avons effectué un exercice pour déconstruire nos représentations en indiquant ce qui différencie un “bon” pauvre d’un “mauvais” pauvre. Je vous conseille fortement de réaliser cet exercice (avec le pauvre et avec le parent), cela interroge nos préjugés, alors pour vraiment s’amuser, le mieux c’est de le faire à plusieurs!

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